Améliorer l’accompagnement

Mieux articuler réponse sanitaire et accompagnement psychosocial

    Alors que les secteurs sanitaire, social et médico-social restent en France très cloisonnés, les personnes en difficulté cognitive présentent des besoins multiples et complexes, qui brouillent largement ces frontières. En dehors des troubles cognitifs, elles cumulent souvent d’autres problèmes de santé : il est primordial qu’elles puissent avoir accès à des soins de qualité. Mais une fois le diagnostic établi, et en dehors de ces maladies intercurrentes, elles ont certainement autant besoin d’un accompagnement psychosocial que d’une prise en charge sanitaire.

    Les personnes ayant des troubles cognitifs doivent avoir accès aux soins de santé dont elles ont besoin. Or, on constate des différences de traitement assez importantes selon que les personnes ont, ou non, des difficultés cognitives. De plus, le monde de la santé, en particulier le secteur hospitalier non gériatrique, n’est pas préparé à accueillir les personnes âgées en difficulté cognitive.

    Pour éviter une surmédicalisation du phénomène Alzheimer, il faut articuler étroitement – et délimiter soigneusement – les périmètres respectifs des réponses sanitaire et psychosociale. Ainsi, le modèle d’accompagnement très médicalisé, centré sur les soins de santé, qui est actuellement proposé dans bon nombre d’établissements médico-sociaux doit être questionné. Beaucoup de personnes qui avancent en âge rêvent d’un autre modèle, proposant par exemple des lieux de vie plus petits, mieux répartis dans la cité, et moins médicalisés.

    Comment concilier ces exigences apparemment contradictoires ? Une initiative potentiellement intéressante réside dans le développement d’« EHPAD hors-les-murs », c’est-à-dire d’établissements d’hébergement qui sont, dans le même temps, des pôles de ressources pour leur territoire. C’est aussi grâce à la télémédecine que les EHPAD de demain pourraient devenir des centres de soins et d’expertise pour les populations âgées résidant alentour, grâce au numérique et au développement des téléconsultations. L’essentiel est qu’à l’avenir, une diversité d’options puisse être proposée lorsque le soutien à domicile devient problématique : une palette d’habitats intermédiaires (comme les résidences autonomie) et une multiplicité de solutions d’hébergement (familles d’accueil, béguinage, colocations, habitats partagés, petites unités de vie insérées dans la cité, etc.).

    Priorités de recherche

    • Cibler les actions à mener pour que l’âge et la présence de troubles cognitifs ne constituent pas des facteurs d’inégalités d’accès aux soins, notamment à des soins palliatifs de qualité.
    • Expérimenter des modes de coopération plus efficients entre les différents professionnels impliqués auprès de la personne malade, en précisant les règles de partage des informations.

    Propositions d’action

    • Déployer largement les modalités innovantes d’organisation qui améliorent l’accueil aux urgences, les sorties d’hôpital, la télémédecine en EHPAD et le « relayage » lors d’une hospitalisation de l’aidant ;
    • Dépasser le modèle unique de l’EHPAD en diversifiant la palette des réponses et en expérimentant la viabilité de différentes formes d’habitat alternatif et inclusif.