Bâtir une société inclusive

Adapter l’organisation du travail, l’habitat et le cadre légal

    Rendre la société plus inclusive vis-à-vis des personnes en difficulté cognitive et de leurs proches aidants, c’est aussi mieux adapter l’organisation du travail, l’habitat et le cadre légal à leurs besoins.

    Une proportion croissante de personnes en âge de travailler risque, demain, d’être atteinte de troubles cognitifs. Il faut donc créer un monde du travail accueillant pour les personnes en difficulté cognitive. Les proches sont aussi et ce, dès aujourd’hui, directement concernés : de manière générale, 47 % des aidants exercent une activité professionnelle. Beaucoup souhaitent conserver leur emploi, qui leur apporte des ressources financières, des liens sociaux et une forme de répit vis-à-vis de l’aide. Il faut donc permettre aux proches aidants de concilier l’aide et une activité professionnelle. Le problème concerne aussi les entreprises, puisque les aidants représenteraient aujourd’hui 15 à 20 % de la population active. Comment les entreprises s’adapteront-elles à cette nouvelle réalité ?

    Rendre la société plus inclusive, c’est aussi réfléchir aux aménagements qui permettront, à l’avenir, à une population âgée de plus en plus nombreuse, et potentiellement confrontée à des difficultés cognitives, de vivre plus longtemps à domicile. Le problème relève, d’une part, de la conception de l’habitat : quelles adaptations faut-il mettre en place dès la conception pour qu’on puisse faire évoluer l’habitat si des incapacités cognitives apparaissent ?

    Il relève, d’autre part, de l’urbanisme : comment bâtir des « quartiers favorables au vieillissement » et, plus spécifiquement, au vieillissement cognitif ?

    Le problème est enfin celui du cadre légal. En Angleterre, le Mental Capacity Act (2005) énonce des critères permettant de déterminer si une personne est capable de prendre une décision et indique en fonction de quels principes les proches et les professionnels doivent prendre les décisions lorsque la personne ne peut plus le faire seule. L’absence, en France, de telles dispositions pose des difficultés chaque fois que la capacité d’une personne à consentir ou à décider est incertaine ou fragile.

    Priorités de recherche

    • Identifier les mesures à prendre pour permettre aux personnes en situation de handicap cognitif qui le souhaitent de continuer à exercer une activité professionnelle.
    • Expérimenter des adaptations de l’habitat, des transports et de l’urbanisme afin que les personnes en difficulté cognitive puissent continuer d’être incluses dans la vie de la cité et y participer.

    Propositions d’action

    • Faire évoluer le monde du travail pour tenir compte du fait qu’une proportion importante de personnes en activité professionnelle seront au cours de leur carrière des « aidants ».
    • Proposer des évolutions du droit pour mieux aider les personnes qui, sans être dans l’incapacité d’exprimer leur volonté, rencontrent des difficultés pour prendre seules certaines décisions ou pour donner un consentement formel.