Organiser la prévention

Rester le plus longtemps possible en bonne santé cognitive

    L’on sait depuis de nombreuses années que différer de cinq ans la survenue des syndromes démentiels permettrait de diminuer par deux leur prévalence. Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement d’une possibilité théorique : des preuves s’accumulent pour montrer qu’il est possible de retarder la survenue des troubles cognitifs et de réduire leur fréquence dans la population.

    À un âge donné, le risque de développer un syndrome démentiel est moins important aujourd’hui qu’il y a trente ans. Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer ce phénomène, observé dans plusieurs pays dont la France, en particulier une meilleure prévention des maladies cardio-vasculaires, un niveau d’éducation plus élevé, et le travail des femmes. Cela renforce l’idée qu’il est possible de faire reculer les troubles cognitifs par des mesures de prévention primaire, en agissant très en amont, au niveau populationnel.

    De plus, pour la première fois, un programme de prévention secondaire a permis de repousser la survenue des troubles cognitifs. Alors que, par le passé, les essais de prévention avaient été relativement décevants, une étude finlandaise a donné des résultats prometteurs. Conduit auprès de personnes âgées à haut risque de développer un syndrome démentiel, ce programme « multidomaine » associait régime alimentaire, exercice physique, entraînement cognitif et contrôle du risque vasculaire.

    Un rapport récent du Lancet confirme ces constatations. Il suggère qu’il est possible d’agir sur les facteurs de risque des syndromes démentiels tout au long de la vie : dès le plus jeune âge par l’éducation ; entre 45 et 65 ans en réduisant l’hypertension artérielle, l’obésité et la perte auditive ; et après 65 ans en réduisant le tabagisme et en prévenant la dépression, l’inactivité physique, l’isolement social et le diabète.

    Priorités de recherche

    Comprendre les raisons qui expliquent la baisse de la fréquence des syndromes démentiels dans certaines populations pour identifier de nouveaux facteurs protecteurs et de nouveaux facteurs de risque modifiables.

    Développer des outils pour évaluer le niveau de risque des individus âgés entre 40 et 60 ans et leur proposer des stratégies personnalisées de prévention.

    Propositions d’action

    Mener des campagnes pour sensibiliser le public aux comportements qui favorisent la santé cognitive, en insistant sur les mesures de prévention globale des maladies chroniques (« ce qui est bon pour votre cœur l’est aussi pour votre cerveau »).

    Tester à grande échelle un programme de prévention « multidomaine » pour des personnes ayant un risque élevé de développer un syndrome démentiel.